EN TOI......de ÉVENS SUPRÊME

Publié le par Trafficante de poésies


                                                          EN TOI
 

Tes doigts s’imprègnent de mes vapeurs

Par ta fougue et tes gestes tout en lenteur

Qui massent mon zéphyr velouté, fortifié.

La terre sentait couler nos pleurs parfumés.

Dans le sacré bordel de deux âmes unifiées,

La liqueur des plaisirs émanés et rallumés

Engloutit nos envies en nous faisant planer.

Dans ce foutoir, Dieu m’a pris pour Athée,

Vu qu’il est amour et bonté, il me raisonne

Et du ciel me gronde d’une peine qui actionne.

Mais connaissant l’abîme humide de l’ivresse

Et le charme du dragon attisant l’allégresse :

Sans regret, ma foi m’abandonne, Seigneur,

Car la volonté d’une lèvre mi-close demeure

La tentation d’un vagabond bienveillant.

Mon vit en feu me livre tes vœux saillants.

 

O ma reine, je te veux. Que j’ai soif de toi!

La fumée de ta brume me rend maladroit.

Mon rude flocon recherche ta saveur diluvienne,

Épicurien, j’humecte ton avidité à l’ancienne.

Je veux y perdre la raison et apaiser l’éréthisme.

Déjà, ma langue véloce combat ton fauvisme.

Ce soir tout va fleurir sur les nappes du fantasme.

Je veux noyer en toi tous mes mots et orgasmes.

Tout doux ma reine. Ouvre ta porte, déjà je frémis,

Le courant nous attend et voudrait qu’on aboutisse.

 

Dans tes yeux j’y vois même si tu me les voiles

Ô ma tendre harmonie! L’odeur de mes toiles!

Mes reins décoiffent les déesses dévotieuses

Je prends par la gorge tes hanches anxieuses.

Sous les gouttes des trous du rocher

Ma langue découvre le trésor et son muid.

Toi qui es si docile, tu dissimules de grosses fesses

Aussi jolies et souples qu’un con de duchesse!

Il n’est de membre qui n’y rentrerait avec hardiesse.

Les yeux grands ouverts, avec joie tu acquiesces.

Dans tes beaux airs je saisis le meilleur.

J’enfouis en toi l’immortel comme un piston

Imbibé d’huile et d’écume sortant du fond.

Les pétales truculentes de ta fleur éraillée

S’ouvrent au passage du frelon déployé.

Inclines-toi, la fête n’est guère champêtre.

C’est exquis, meuglant, ton entrée secrète,

Jusqu’à la moelle te dévorant en levrette.

Je rampe vers tes seins doux-songes.

Excités, ils ont la pointe qui s’allonge.

Encore faut-il que tu sois aussi étuveuse.

Je repousse le flux des vagues nébuleuses.

Souffle coupé, ton esprit déroute ma rage

Les fesses bien remplies, tu accules le passage

Tout le sang de ton corps irrigue ton visage

Tu décharges en ergotant, perçant le paysage.

 

Alors rien n’est plus équitable pour un dresseur

Que le hurlement soumis de son animal rassasié.

Le robuste idéal du drapeau de l’enfouisseur

C’est d’y ériger une fontaine, joutant le brasier.

 

Ton ciel s’éclaircit et de mon majeur je te fouille

Surchauffant ton corps qui partout se mouille.

  Blottis contre l’amour, bercés par l’envie éclatée,

                                    Nos sueurs scellent l’odeur de nos sexes dilatés




Auteur : Evens Supreme modifié le 20 Mars 2008 ©

Reproduction interdite sans le consentement des auteurs

 

Publié dans POÊMES

Commenter cet article

Marilyn 06/08/2008 04:05

Ahahaha! Ce poème me fait penser à la seule fois où Evens l’a interprété devant un public. C’était tellement drôle!!! La soirée était organisée par un poète-professeur de taoïsme. Le public était constitué de granolas qui venaient de passer la journée à célébrer la « la lenteur » . Les invités pour animer la soirée étaient constitués, entre autres, d’une danseuse « organique » qui rampait sur le plancher sans musique, de deux individus récitants leur dernière écriture spontanée, d’un groupe de musiciens qui jouait de la musique transcendantale indienne, etc. Le clou de la soirée, le moment que les spectateurs attendaient avec impatience était la finale où ils pourraient danser nu-pieds en se laissant complètement aller sans aucune retenue en mouvements de corps primitifs et totalement libres au rythme de musiques variées et bizarres.

À travers toute cette folie douce, joyeuse et ouverte, Evens figurait parmi les invités. Je lui avais suggéré de dire « En toi ». Vous auriez dû voir le visage de l’animateur lorsqu’il a su qu’Evens allait dire un poème érotique, il en a presque eu un orgasme! Pour avoir entendu Evens dans des soirées de poésie réciter des poèmes plus sérieux et engagés, il avait l’air vraiment étonné et intrigué. Tout fébrile, il annonça à son public qu’un talentueux poète haïtien allait dire un « poème sexuel ».

Toujours de façon aussi décontractée que d‘habitude, Evens est allé en avant et a commencé à discuter avec le public. Lorsqu’il a demandé s’il y avait des femmes célibataires dans la salle, plusieurs ont levé la main. Il est allé à la rencontre de l’une d’elle et il a demandé à cette inconnue de venir s’asseoir sur une chaise en avant.

La jeune femme était vraiment très gênée et très intimidée à chaque vers du poème qu’Evens récitait comme s’il s’adressait à elle seule. Il tournait autour d’elle, il lui caressait légèrement les épaules, il approchait sa bouche de ses oreilles. La fille voulait mourir. Au début, elle était tellement hésitante et nerveuse, mais Evens continuait de lui dire les vers du poème un après l’autre avec douceur et une voix tellement envoûtante. Chacun de ses gestes était affectueux et gracieux. De plus en plus la fille se décontractait. Nous l’avons vue se transformer littéralement sous nos yeux! Le public riait de bon coeur, car la fille s’est mise à émettre des sons de jouissance. Evens nous en mettant plein la vue et les oreilles. Il s’est même mis à marcher à quatre pattes devant elle rendu au vers « Je rampe vers tes seins... » et elle ouvrait les jambes en lui disant de venir vers elle. Elle était totalement sous l’emprise d’une vive excitation. Elle en demandait, elle jouissait sur la chaise.

Ah! Vous auriez dû voir ça!!! C’est ce qu’on appelle « faire de l’effet ».

Jacinthe 29/07/2008 04:31

Revoilà la poésie de retour.
Merci pour cette scène entre deux amants passionnés l’un pour l’autre, où chacun donne et reçoit ce que la vie apporte de plus intense en termes de jouissance. Malgré l’aspect brûlant de l’acte, le poète prend bien le temps de décrire en douceur la fougue et la satisfaction. Dans un tourbillon de gestes bien trempés et surdosés à souhait, les deux amants découvrent une spirale de sensations et d’orgasmes. Toutes les parties du corps reçoit sa dose d’irrigation. J'imagine même les étincelles électriques surgirent de ce couple.
Si une telle intensité sexuelle existait... une fidèle dévotion se créerait à coup sûr! C'est certain.
Bravo poète!