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PLUS FORT QUE JAMAIS
L’humain, le suage de son pays
L’adversaire aux reflets trahis
Qui impose son joug à sa terre
Dont les guerres jonchent l’air
Que sont quelques minutes de plus
À vous parler de Nègres que paix reflue?
Une marchandise où le ciel reflète,
Ces maximes à l’image contrefaite.
Castrés, déportés et commercialisés
Muselés, violés et déshumanisés
Ici gronde déjà le fouet de l’injure,
En nous, un sous-produit de l’usure!
L’évolution semble épauler l’obscur
Le soleil du progrès attise l’enflure!
Peau noire, l’emblème d’un message,
Cinq cents ans à arpenter une cage
Dire encore que rien de moi n’est joie
Un inconscient collectif ulcérant ma foi.
Si l’humour et le mouton, tous noirs,
Sourire au ventre le sort irait échoir!
Le cœur du mal travaille au noir!
La tristesse est en soi, une négresse,
Une rose dont l’hymen mutilé rabaisse!
L’âme si sombre que tout génie en meurt
…Semblerait-il!
Grosses lèvres et cheveux crépus
Aux éclats du jour, un cerveau nu.
Contemplons l’azur d’une race fainéante
Or ramer comme eux : prétention courante.
Partout c’est nulle part, ainsi chante
Sa liberté que les ombres pillent en vain.
Peu importe la langue, ô lointain
Souvenir d’un vent qui tout arrache…
Inventions et brevets que l’envieux cache.
Qu’on sache…
Au-delà des bornes de sa sphère
On l’éduque à rêver d’une carrière,
S’adaptant au froid des fantômes,
Soif à l’esprit, rafle mille diplômes
Escaladant fleuves, rochers et exil
Le sport et la musique : son habit de ville
Parlons du charme de la rectitude,
Là où s’effrite à la source l’inquiétude.
Je hais les clichés, alors nuls grands noms!
Car bien que célèbres, il y pleut trahison
Par terre et sur les toits, il est écrit :
Un Nègre, s’il est instruit ou érudit,
Se détache des pluies acides de sa peine
Et les rois, enfin, lui enlèveront les chaînes.
La bête dressée passera alors de quoi à qui
« Par ce titre, tu n’es plus nègre, mon ami »
Derrière ces honneurs : somnifère notoire
Pitié aux visibles! Achetez leur mémoire.
C’est bien pire que toutes les insultes
Ivres d’essor et d’unité, certes on lutte
J’ignore d’ailleurs pourquoi, ô tenace marée
Tu recouvres nos ailes à chaque lancée.
C’est comme si le principe identitaire,
Destiné à nous retracer, craignait l’enfer.
À tout ce qui cagoule notre avenir,
Ajoutez notre volonté d’en finir.
Hélas pauvres! Plus de cacao et de thé,
Plus de coton d’or de sucre et de café
Mais toutefois demeure l’âme brave
Car du mot esclave surgit autoclave
Héritage nous rendant uniques, résistants
Si hanches disloquées et corps purulent
Si l’anus trafiqué et le cou ravagé
Si jambes atrophiées, tripes barbelées
Si dans quatre et un demi sur huit pouces
Durant un mois sur négrier farouche
De n’avoir pour pain qu’étrons et brimades
De boire sueur et urine quand soif parade
Pesés, emboîtés comme sardines languies,
Devant l’horreur où même le feu pâlit.
Après telle barbarie, si vous restez vivant
Et par-dessus tout oser valoir de l’argent
Nul doute, la négritude vous coule dedans!
N’ayez honte, ce n’est guère choquant,
Puisque…
Être Nègre
C’est défier les limites du corps et de l’esprit
C’est d’humain à animal et en revenir guéri
C’est hélas la rage de la foudre dans un mortel
C’est la fraîcheur du temps dans une séquelle
C’est s’immerger pour ne pas se révolter
C’est offrir au diable son dernier souffle par bonté
C’est conçu pour vaincre les retards des dieux,
Dont la brutalité repeint la couleur des cieux
L’humain, le traître de son propre pays
L’adversaire aux valeurs trahies
Qui impose ses insuffisances aux nerfs de la terre
Dont le destin immolé jonche les hémisphères
Pendant, ô funeste traversée dont j’ai tant pleurée!
Les êtres n’ayant eu de noir que la peau
Stoïquement gisent au fond de l’océan
Ceux qui en ont survécu, les élus… furent Nègres
Auteur : Evens Supreme
Écrit le 14 juin 2008, modifié le 29 juin 2008
©Reproduction interdite sans le consentement de l’auteur
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