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Dimanche 20 juillet 2008





PLUS FORT QUE JAMAIS

 

L’humain, le suage de son pays

L’adversaire aux reflets trahis

Qui impose son joug à sa terre

Dont les guerres jonchent l’air


Que sont quelques minutes de plus

À vous parler de Nègres que paix reflue?

Une marchandise où le ciel reflète,

Ces maximes à l’image contrefaite.


Castrés, déportés et commercialisés

Muselés, violés et déshumanisés

Ici gronde déjà le fouet de l’injure,

En nous, un sous-produit de l’usure!


L’évolution semble épauler l’obscur

Le soleil du progrès attise l’enflure!

Peau noire, l’emblème d’un message,

Cinq cents ans à arpenter une cage


Dire encore que rien de moi n’est joie

Un inconscient collectif ulcérant ma foi.

Si l’humour et le mouton, tous noirs,

Sourire au ventre le sort irait échoir!


Le cœur du mal travaille au noir!

La tristesse est en soi, une négresse,

Une rose dont l’hymen mutilé rabaisse!

L’âme si sombre que tout génie en meurt


…Semblerait-il!

Grosses lèvres et cheveux crépus

Aux éclats du jour, un cerveau nu.

Contemplons l’azur d’une race fainéante


Or ramer comme eux : prétention courante.

Partout c’est nulle part, ainsi chante

Sa liberté que les ombres pillent en vain.

Peu importe la langue, ô lointain


Souvenir d’un vent qui tout arrache…

Inventions et brevets que l’envieux cache.

Qu’on sache…

Au-delà des bornes de sa sphère


On l’éduque à rêver d’une carrière,

S’adaptant au froid des fantômes,

Soif à l’esprit, rafle mille diplômes

Escaladant fleuves, rochers et exil


Le sport et la musique : son habit de ville

Parlons du charme de la rectitude,

Là où s’effrite à la source l’inquiétude.

Je hais les clichés, alors nuls grands noms!


Car bien que célèbres, il y pleut trahison

Par terre et sur les toits, il est écrit :

Un Nègre, s’il est instruit ou érudit,

Se détache des pluies acides de sa peine


Et les rois, enfin, lui enlèveront les chaînes.

La bête dressée passera alors de quoi à qui

« Par ce titre, tu n’es plus nègre, mon ami »

Derrière ces honneurs : somnifère notoire


Pitié aux visibles! Achetez leur mémoire.

C’est bien pire que toutes les insultes

Ivres d’essor et d’unité, certes on lutte

J’ignore d’ailleurs pourquoi, ô tenace marée


Tu recouvres nos ailes à chaque lancée.

C’est comme si le principe identitaire,

Destiné à nous retracer, craignait l’enfer.

À tout ce qui cagoule notre avenir,


Ajoutez notre volonté d’en finir.

Hélas pauvres! Plus de cacao et de thé,

Plus de coton d’or de sucre et de café

Mais toutefois demeure l’âme brave


Car du mot esclave surgit autoclave

Héritage nous rendant uniques, résistants

Si hanches disloquées et corps purulent

Si l’anus trafiqué et le cou ravagé


Si jambes atrophiées, tripes barbelées

Si dans quatre et un demi sur huit pouces

Durant un mois sur négrier farouche

De n’avoir pour pain qu’étrons et brimades


De boire sueur et urine quand soif parade

Pesés, emboîtés comme sardines languies,

Devant l’horreur où même le feu pâlit.

Après telle barbarie, si vous restez vivant


Et par-dessus tout oser valoir de l’argent

Nul doute, la négritude vous coule dedans!

N’ayez honte, ce n’est guère choquant,

Puisque…

 
Être Nègre

C’est défier les limites du corps et de l’esprit

C’est d’humain à animal et en revenir guéri

C’est hélas la rage de la foudre dans un mortel

C’est la fraîcheur du temps dans une séquelle


C’est s’immerger pour ne pas se révolter

C’est offrir au diable son dernier souffle par bonté

C’est conçu pour vaincre les retards des dieux,

Dont la brutalité repeint la couleur des cieux


L’humain, le traître de son propre pays

L’adversaire aux valeurs trahies

Qui impose ses insuffisances aux nerfs de la terre

Dont le destin immolé jonche les hémisphères


Pendant, ô funeste traversée dont j’ai tant pleurée!

Les êtres n’ayant eu de noir que la peau

Stoïquement gisent au fond de l’océan

Ceux qui en ont survécu, les élus… furent Nègres

 

Auteur : Evens Supreme

Écrit le 14 juin 2008, modifié le 29 juin 2008

©Reproduction interdite sans le consentement de l’auteur

cyr_rano@hotmail.com

Par Trafficante de poésies - Publié dans : POÊMES
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